L'eau monte autour de moi
M'entoure d'un froid qui me caresse
Avec langueur mon corps s'abandonne
Le froid anesthésiant ma détresse
L'eau monte toujours, je n'ai pas froid
Mes hanches déjà
Disparaissent dans les flots
Je connaît leurs formes mais je ne regrette pas
D'appartenir enfin
A cet eau qui comme moi s'en viens
S'en va
Je flotte dans un camaïeu de bleu
L'âme enfin sereine
Femme sirène
L'eau envahit ma bouche, deviens sanglots
Les flots se mêlent a mes mots
Sur mes lèvres l'eau et les larmes
Ont le même goût de sel, de lames
J'avale avec délice
Je ravale mes vices
Et me fond dans les flots
Je flotte dans un camaïeu de bleu
L'âme enfin sereine
Femme sirène
Bercée par les vagues j'oublie mon corps
Seule mon âme lutte contre les lames
Qui se brisent sur ma poitrine
L'air ne me manque pas encore.
Mes yeux se dilatent et s'entrouvrent
Se perdant dans ce bleu lumineux
Dans cette eau cristalline qu'ils découvrent
L'eau continue son chemin s'insinuant jusqu'au creux
De mes poumons, qui brassent ces flots si attendus
Dans un dernier sursaut mon c½ur s'affole puis s'arrête
Je flotte enfin libre
J'ai vaincu.